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Blog quotidien

Déchets et recyclage : des travailleurs en danger

Jeudi, Mai 15, 2014

Dans son périodique HesaMag, l'ETUI, collaborant avec la FSESP, a consacré son dernier numéro sur la santé et la sécurité des travailleurs, aux conditions de travail dans les industries des déchets et du recyclage en Europe.

Le secteur des déchets est confronté à de nombreux changements liés à la mondialisation et à la demande croissante de réutilisation et de recyclage des déchets. Il y a notamment une réorientation du secteur, en cessant de privilégier l’élimination (“comment se débarrasser des déchets ?”), au profit de la réutilisation (“comment tirer le meilleur parti des ressources que sont les déchets ?”). Cette transition « écologique » entraîne des changements dans l’organisation du travail et des caractéristiques de l’emploi.

En Europe, 2/3 des entreprises de déchets sont à capitaux publics, mais le rôle du privé augmente en raison du recours à la sous-traitance pour la collecte et le tri des déchets domestiques. Cependant, il y a un certain mouvement de retour vers le secteur public pour des contrats de collecte, depuis le milieu des années 2000 en Allemagne, en France et au Royaume-Uni.

Depuis la crise de 2008, les multinationales françaises Suez et Véolia, leaders sur le marché des déchets, ont développé des stratégies de réduction des coûts, avec la diminution des heures supplémentaires et le non-remplacement des travailleurs quittant l’entreprise.

Dans la logique de prendre en compte les problématiques environnementales, la Commission européenne a définie des objectifs dans sa stratégie Europe 2020, en matière de gestion des déchets. Le potentiel de création d’emploi est important. Selon une recherche de l’ONG Friends of the Earth, 50 000 nouveaux emplois devraient être créés en Europe dans la gestion des déchets.

Il s'agit d'un défi pour la Fédération Syndicale Européenne des Services Publics, et pour les syndicats, tant en terme de syndicalisation des travailleurs du secteur, que d'améliorer les conditions de travail, de la santé et de la sécurité des travailleurs.

Au Royaume-Uni, par exemple, le secteur du traitement des déchets et du recyclage bat des records en matière d’accident du travail. En 2012-2013, 12 travailleurs ont péri, un chiffre 16 fois supérieur à la moyenne de l’ensemble des secteurs d’activité au Royaume-Uni, selon l’inspection du travail.

En Italie, il y a une augmentation des risques et une aggravation des conditions de travail pour les éboueurs. Pour ne pas augmenter les coûts avec la venue du tri sélectif, le nombre de travailleurs est resté inchangé, alors que le travail à accomplir a été multiplié par 4.

Donc l’implication des travailleurs et des syndicats dans les processus de « transition verte » est indispensable pour garantir le caractère durable des nouveaux emplois. Le dialogue social est un moyen d’aboutir à une implication structurelle des travailleurs.

Vous pouvez accéder à la publication de HesaMag ici, en Anglais et Français.

 

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Assez de leur crise - Retournons à notre futur !

Mercredi, Mai 14, 2014

 Il ne fait aucun doute que les jeunes ont été les plus durement touchés par la crise qui se déroule en Europe depuis 5 ans. Qui plus est, les politiques d'austérité mises en œuvre par les Gouvernements nationaux et par la Commission européenne ont aggravé la situation, étranglant la croissance qui créerait les emplois terriblement nécessaires pour les jeunes européens.

A leurs lectures, les chiffres sont frappants: 23.4% des moins de 25 ans sont au chômage dans l'UE, avec le redoutable nombre de 55.5% en Espagne et un effrayant 58.3% en Grèce (Voir les chiffres d'Eurostat ici). Ces chiffres comprennent seulement les jeunes "recherchant activement un emploi", masquant le désespoir de dizaines de milliers de jeunes européens qui ont abandonnés la recherche, sachant qu'ils ne trouveront rien.

En mars, la FSESP et les autres Fédérations Syndicales Européennes ont lancé une campagne conjointe appelant les institutions et les employeurs de l'UE à mettre les jeunes en haut de leurs agendas. Sous le slogan "Assez de leur crise - Retournons à notre futur !", les Fédérations Syndicales Européennes ont formulé leurs demandes pour le prochain mandat du Parlement européen et de la Commission européenne: des actions immédiates et efficaces pour libérer l'hypothèque sur l'avenir des jeunes sur le marché européen du travail, causé par la crise et les politiques européennes.

Les services publics en Europe ont été frappé par des licenciements massifs, pendant que la demande de services augmente. Le message de la FSESP est clair: les services publics sont la force de l'Europe. Ils sont la solution, pas le problème. Créer des emplois de qualité dans les services publics profiterait non seulement aux jeunes en recherche de travail, mais stimulerait aussi l'économie en général et améliorerait la prestation de ces services essentiels sur lesquels comptent tous les citoyens.

Ce n'est pas une lutte uniquement pour les jeunes et les chômeurs, mais pour tous les travailleurs des services publics. Le chômage des jeunes risque de ruiner une génération entière d'Européens, ainsi que d'être utilisé comme un bélier pour supprimer les salaires pour tous.

Regardez la vidéo "Take Back Our Future" sur YouTube.

Consultez le site internet et suivez la campagne sur Twitter et Facebook.

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Questions/Réponses : Les femmes dans l’enquête de la FSESP

Mercredi, Mai 14, 2014

Quelle est l’enquête ?

En 2009, la FSESP, avec le soutien de l’affilié Suédois Vision (alors SKTF), a réalisé une étude sur la représentation des femmes dans les instances de prise de décision des affiliés et autres structures. C'est une comparaison des données de 2000 et 2008 pour voir dans quelle mesure la situation des femmes a changé au cours de cette période. Nous voulions refaire cet exercice et le comparer, afin de mettre à jour l'enquête pour voir s'il y a eu une amélioration de la situation des femmes depuis 2009.

Pourquoi est-ce nécessaire?

Traditionnellement, les femmes ont tendance à être sous-représentées dans les structures de prise de décision des syndicats, même dans les secteurs où la main d'œuvre et l'adhésion syndicale sont principalement féminines. Notre objectif est de voir quelles ont été les améliorations, mais aussi de collecter des informations sur ce que nos affiliés pourraient faire pour encourager une meilleure représentation des femmes.

Quels sont les résultats?

54 syndicats de 31 pays ont répondu à l'enquête, couvrant un total de 10,6m travailleurs. 67% de tous les membres affiliés interrogés sont des femmes. Les proportions varient largement entre 80% et 90% dans le secteur de la santé et des services sociaux, pour certains syndicats, et seulement 10-20% dans les services publics.

Donc cette enquête a demandé une répartition par secteur?

Exactement. Cela signifie que nous pouvons voir que les femmes sont toujours sous-représentées dans les secteurs traditionnellement dominés par les hommes, comme par exemple les services publics.

Qu'en est-il alors de la représentation des femmes dans les instances de décision des syndicats?

La bonne nouvelle est de la représentation des femmes dans son ensemble s'est améliorée. Le pourcentage moyen de femmes déléguées au Congrès était de 52% cette fois-ci, contre 49% en 2009. Nous voyons une augmentation semblable dans le pourcentage de femmes dans les organes de prise de décision les plus élevés: 53% comparé à 50% en 2009.

Donc, les choses s'améliorent...?

Absolument. Mais il y a encore du chemin à parcourir. Lorsque l'on compare le pourcentage de femmes membres d'un syndicat avec le pourcentage de femmes au Congrès ou avec celui des femmes dans les organes de prise de décision les plus élevés,  nous voyons qu'il y a toujours un écart. Les moyennes mentionnées ici masquent aussi une image variée avec une amélioration plus grande dans certains domaines que dans d'autres. Mais dans l'ensemble, beaucoup de progrès ont été fait et nous allons vraiment dans la bonne direction.

Vous dites que c'est une "image nuancée". Est-ce que les gens peuvent regarder les chiffres eux-mêmes pour avoir une meilleur compréhension de la situation générale?

Bien sûr ! Les résultats de l'enquête sont disponibles ici et ça vaut véritablement la peine de jeter un coup d'œil.

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L'écart salarial entre les hommes et les femmes dans les services publics

Mardi, Mai 13, 2014

Ecart salarial entre les femmes et les hommes : encore beaucoup à accomplir, mais des progrès peuvent être fait, selon l’enquête de la FSESP

Une enquête approfondie des affiliés de la FSESP sur les écarts de rémunération entre les sexes dans les services publics permet de donner  un sens à une vision souvent confuse.

Lutter pour l’égalité des salaires a longtemps été une priorité pour la FSESP et c’est une question particulièrement pertinente pour les services publics dans de nombreux pays d’Europe en raison du fort pourcentage de femmes employées dans ce secteur.

Trente-six syndicats de dix-neuf pays ont répondu à l’enquête. Le manque de collecte de données  cohérentes et généralisées par les autorités et les employeurs dans beaucoup de pays est le problème principal, mis en avant dans ces réponses. Il y a également l’inquiétude largement répandue des effets du travail à temps partiel involontaire, de la sous-traitance et de l’imposition du travail flexible sur les écarts de salaires, ainsi que la discrimination en raison du congé parental et de l’offre de formation. Le travail traditionnellement considéré comme « féminin », comme le nettoyage, la restauration et les soins de santé, est toujours moins valorisé, et par conséquent, moins bien payé, que le travail qui est traditionnellement dominé par les hommes.

Un cas de ce type de barrières structurelles est celle de la filiale britannique UNISON qui, en 2013, a gagné dans un jugement de la Cour Suprême contre une autorité locale écossaise, Dumfries and Galloway Conseils, à la suite d’une bataille de 7 ans. Le syndicat a obtenu dans cette réclamation que les femmes qui travaillent comme assistantes dans les classes pourraient comparer leurs salaires avec les hommes travaillant comme jardiniers, éboueurs, conducteurs et animateurs de loisirs. Les hommes ont reçus des primes ; les femmes non. Le jugement a non seulement garantie l’égalité de traitement pour les 251 femmes dans les écoles de l’autorité locale, mais l’a également fait bénéficier à  près de 2000 femmes dans des écoles d’Ecosse. 

C’est loin d’être le seul succès de l’action syndicale pour l’obtention de résultat en matière d’égalité salariale. Dans beaucoup de pays, la négociation collective est un outil essentiel pour s’assurer que les employeurs prennent des mesures pour réduire les écarts de rémunération.

Une stratégie commune à plusieurs syndicats a été de négocier des augmentations de salaires plus élevées pour les salaires les plus bas, qui sont disproportionnellement des femmes. En 2008, l’affilié allemand Ver.di a eu l’occasion de négocier un accord qui couvre 1.3 million d’employés au sein du gouvernement local et national, et qui comprenait une augmentation de salaire forfaitaire de 50€. L’accord salarial le plus récent comprend également une augmentation de 90 euros minimum, ce qui va, dans une certain mesure, vers  une réduction de l’écart de salaire.  

Les syndicats norvégiens Delta et YS soulignent aussi l’importance des augmentations plus élevées pour les catégories inférieures de l’administration centrale. D’autres syndicats, comme AOA au Danemark et GMB au Royaume-Unis explique que la suppression des catégories de salaires les plus bas, ont produit des gains concrets qui ont amélioré les salaires des femmes dans le secteur public.

Le rapport examine l’impact de la réduction des dépenses publiques sur l’écart de rémunération entre les sexes.  Il est clair que l’austérité a gravement endommagé le salaire et l’emploi des femmes dans de nombreux endroits – en Grèce, 28 600 femmes des services publics ont perdu leurs emplois entre juillet 2010 et février 2013 et d’autres licenciements ont été opérés depuis. Leurs salaires a quant à lui diminué d'environ 40 %.

Bien que dans certains pays, le gel des salaires a frappé plus fort les travailleurs les mieux payés, ce qui peut avoir entrainé une réduction temporaire dans l’écart des salaires, cette tendance peut être renversée  avec des coupes dans les programmes d’égalité des chances visant à améliorer l’accès des femmes à des emplois mieux payés. 

Les chiffres les plus récents cités dans le rapport semblent montrer que pour l’UE dans son ensemble, le processus de réduction des écarts de salaires entre les femmes et les hommes a au moins stagné sans changement entre 2010 et 2011.

Sur les 27 pays, dans 10, l’écart des salaires entre les femmes et les hommes a augmenté, et dans 5, il n’y a pas eu de changement.

S’il y a une conclusion claire qui doit être tirée, c’est que dans cette période de coupes dans les services publics et d’austérité, la lutte pour combler les écarts de salaires entre les sexes est plus pertinente que jamais et est à l’ordre du jour des syndicats des services public partout en Europe.

Le rapport complet à propos de l'écart salarial entre les homme et les femme est disponible ici, en français, anglais, espagnol et allemand.

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La santé et la sécurité des hommes du feu

Mardi, Mai 13, 2014

La Fédération Syndicale Européenne Des Services Publics (FSESP) et l’Institut Syndical Européen ont travaillé en commun à la réalisation d’une brochure intitulée : « La santé et la sécurité des hommes du feu », qui est basée sur les réponses des affiliés de la FSESP à un questionnaire.

Du travail des pompiers, on en retient le spectaculaire : le hurlement des sirènes, les véhicules rouges qui foncent vers les incendies… Mais les modalités opérationnelles de ce travail restent souvent dans l’ombre.

La lutte contre les incendies comprend une part inhérente de risque. Cependant, une meilleure sauvegarde de la vie et de la santé des pompiers est possible, à condition de disposer des moyens financiers, matériels et humains. La complexité du rapport entre efficacité de l’intervention et la défense de la santé des travailleurs justifie une intervention accrue des syndicats.

Pour répondre de façon efficace et adéquate  à un incendie, un accident de la route ou à une inondation, il faut que s’ébranle une « chaîne de l’urgence », dont tous les maillons sont capitaux. il y a les professionnels et volontaires du secteur publics, les pompiers militaires (professionnel ou volontaires), des pompiers employer par e secteur privé, pour les sites sensibles (aéroport, entreprises chimiques, centrales nucléaires) et des pompiers saisonniers (en renfort en été dans les pays méditerranéens). Les effectifs sont souvent insuffisants pour assurer dans de bonnes conditions un service de qualité en continu. En Espagne et en France, ce sont des pompiers volontaires en contrats précaires qui remplacent les départ en retraite des pompiers professionnels. En Finlande, c’est le problème du vieillissement de la pyramide des âges qui préoccupe. 

Dans tous les pays européens, le nombre de femmes pompiers est très faible. Les conditions de travails et les exigences physiques de l’activité expliquent en partie cette désaffection, mais des études démontrent la persistance d’une culture machiste faisant obstacle à l’intégration des femmes dans les services. 

Dans sa mission de lutte contre l’incendie, l’équipement du pompier est déterminant pour préserver sa santé et sa sécurité. Dans la plupart des pays européens, les achats de ces équipements font l’objet d’une consultation des représentants du personnel. Cependant, en Allemagne, Belgique, Espagne et Finlande, cette consultation fait parfois défaut ou n’est pas systématique.

L’ensemble des missions des pompiers, à l’exception des prestations de préventions, sont considérées comme des activités « à risques ». Les chiffres de la mortalités en services parlent d’eux même : en France, entre 1992 et 2002, en moyenne 20 pompiers sont morts par an. En Grande-Bretagne, depuis 1978, un pompier est mort chaque trimestre.  Il faut ajouter à ces chiffres dramatiques, les accidents en services et les maladies professionnelles.

Durant leurs services, les pompiers sont confrontés aux risques associés à la chaleurs de l’incendie, à savoir les phénomènes thermiques, qui entrainent des conséquences pour la santé comme l’épuisement dû à la chaleur ou le stress thermique. Il y a aussi les toxicités et les radiations thermiques des fumées qui, en plus, peuvent entrainer des effets différés dans le temps, comme des cancers. Les risques physiques et psychosociaux sont également à ajouter à cette longue liste.

Les normes de règlementation des équipements de protections individuels des pompiers sont établies par des comités techniques et des groupes de travail. L’absence coutumière des représentants des pompiers dans ces instances a entrainé la production d’équipements inappropriés, inadéquats et inefficaces, parce qu’elle n’ont pas pris en compte les conditions réelles de leurs utilisations par les pompiers.  Par exemple, des harnais de sécurité étaient incompatibles avec les vestes longues. La normalisation apparait comme un domaine d’expertise technique, mais c’est un moyen très efficace pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs, en assurant la mise sur le marché de produits et d’équipements dont la qualité est à la mesure des exigences du travail réel. Il est essentiel que les syndicats s’investissent dans ce processus d’élaboration des normes. 

Le pompier doit se connaitre lui-même sur le plan physique et physiologique, afin d’être efficace dans le collectif de travail. Les jeunes recrues apportent leurs conditions physiques et des dispositions physiologiques, et les pompiers les plus âgés apportent l’expérience et la maitrise de la « lecture du feu ». Ainsi, le collectif de travail se trouve renforcé par l’alliance de la force des uns et de la compétence des autres. 

Donc, contre la culture du risque, il faut promouvoir la culture de la sécurité et de la santé dans ce secteur. 

Lire le rapport complet ici, disponible en français, anglais, espagnol et allemand. 

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