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La santé et la sécurité des hommes du feu

Mardi, Mai 13, 2014
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La Fédération Syndicale Européenne Des Services Publics (FSESP) et l’Institut Syndical Européen ont travaillé en commun à la réalisation d’une brochure intitulée : « La santé et la sécurité des hommes du feu », qui est basée sur les réponses des affiliés de la FSESP à un questionnaire.

Du travail des pompiers, on en retient le spectaculaire : le hurlement des sirènes, les véhicules rouges qui foncent vers les incendies… Mais les modalités opérationnelles de ce travail restent souvent dans l’ombre.

La lutte contre les incendies comprend une part inhérente de risque. Cependant, une meilleure sauvegarde de la vie et de la santé des pompiers est possible, à condition de disposer des moyens financiers, matériels et humains. La complexité du rapport entre efficacité de l’intervention et la défense de la santé des travailleurs justifie une intervention accrue des syndicats.

Pour répondre de façon efficace et adéquate  à un incendie, un accident de la route ou à une inondation, il faut que s’ébranle une « chaîne de l’urgence », dont tous les maillons sont capitaux. il y a les professionnels et volontaires du secteur publics, les pompiers militaires (professionnel ou volontaires), des pompiers employer par e secteur privé, pour les sites sensibles (aéroport, entreprises chimiques, centrales nucléaires) et des pompiers saisonniers (en renfort en été dans les pays méditerranéens). Les effectifs sont souvent insuffisants pour assurer dans de bonnes conditions un service de qualité en continu. En Espagne et en France, ce sont des pompiers volontaires en contrats précaires qui remplacent les départ en retraite des pompiers professionnels. En Finlande, c’est le problème du vieillissement de la pyramide des âges qui préoccupe. 

Dans tous les pays européens, le nombre de femmes pompiers est très faible. Les conditions de travails et les exigences physiques de l’activité expliquent en partie cette désaffection, mais des études démontrent la persistance d’une culture machiste faisant obstacle à l’intégration des femmes dans les services. 

Dans sa mission de lutte contre l’incendie, l’équipement du pompier est déterminant pour préserver sa santé et sa sécurité. Dans la plupart des pays européens, les achats de ces équipements font l’objet d’une consultation des représentants du personnel. Cependant, en Allemagne, Belgique, Espagne et Finlande, cette consultation fait parfois défaut ou n’est pas systématique.

L’ensemble des missions des pompiers, à l’exception des prestations de préventions, sont considérées comme des activités « à risques ». Les chiffres de la mortalités en services parlent d’eux même : en France, entre 1992 et 2002, en moyenne 20 pompiers sont morts par an. En Grande-Bretagne, depuis 1978, un pompier est mort chaque trimestre.  Il faut ajouter à ces chiffres dramatiques, les accidents en services et les maladies professionnelles.

Durant leurs services, les pompiers sont confrontés aux risques associés à la chaleurs de l’incendie, à savoir les phénomènes thermiques, qui entrainent des conséquences pour la santé comme l’épuisement dû à la chaleur ou le stress thermique. Il y a aussi les toxicités et les radiations thermiques des fumées qui, en plus, peuvent entrainer des effets différés dans le temps, comme des cancers. Les risques physiques et psychosociaux sont également à ajouter à cette longue liste.

Les normes de règlementation des équipements de protections individuels des pompiers sont établies par des comités techniques et des groupes de travail. L’absence coutumière des représentants des pompiers dans ces instances a entrainé la production d’équipements inappropriés, inadéquats et inefficaces, parce qu’elle n’ont pas pris en compte les conditions réelles de leurs utilisations par les pompiers.  Par exemple, des harnais de sécurité étaient incompatibles avec les vestes longues. La normalisation apparait comme un domaine d’expertise technique, mais c’est un moyen très efficace pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs, en assurant la mise sur le marché de produits et d’équipements dont la qualité est à la mesure des exigences du travail réel. Il est essentiel que les syndicats s’investissent dans ce processus d’élaboration des normes. 

Le pompier doit se connaitre lui-même sur le plan physique et physiologique, afin d’être efficace dans le collectif de travail. Les jeunes recrues apportent leurs conditions physiques et des dispositions physiologiques, et les pompiers les plus âgés apportent l’expérience et la maitrise de la « lecture du feu ». Ainsi, le collectif de travail se trouve renforcé par l’alliance de la force des uns et de la compétence des autres. 

Donc, contre la culture du risque, il faut promouvoir la culture de la sécurité et de la santé dans ce secteur. 

Lire le rapport complet ici, disponible en français, anglais, espagnol et allemand.