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Blog quotidien

Interview avec Larry Brown à propos du Canada, des accords d'échanges et la menace pour nos services publics

Mercredi, Mai 21, 2014

Le prochain « interviewé » dans notre série de conversations est Larry Brown, secrétaire-trésorier national du Syndicat national des employés publiques du Canada (NUPGE – National Union of Public and General Employees) et président du Groupe de travail sur le secteur public de la PSI (Internationale des services publics). Il prononce son discours mercredi sur le sujet du commerce et nous voulions en savoir plus sur les nombreux accords commerciaux internationaux actuellement en cours de négociation .

Mais d'abord, nous avons commencé par lui demander des nouvelles du Canada, dont le gouvernement de droite au pouvoir depuis huit ans a violemment attaqué les services publics et les employés du secteur public. Larry a expliqué comment NUPGE a utilisé de nombreuses méthodes pour résister à ces attaques, des pressions politiques à la sensibilisation du public  en passant par les tribunaux. Le gouvernement canadien a instauré le même programme d'austérité néo-libérale auquel nous sommes confrontés en Europe. La stratégie de NUPGE a été de détourner l'attention du public de la négociation collective et les accords salariaux pour focaliser sur la ‘vue d’ensemble de l’économie’. NUPGE a organisé une campagne de sensibilisation très réussie : « Tous ensemble ». Cette campagne consistait a formé les membres du syndicat afin de discuter de questions économiques plus larges autour de l'austérité et des restrictions budgétaires. Le résultat a été un effet de cascade, avec des membres capables de répandre le message que la faute de la crise ne réside pas dans le secteur public et qu’une politique économique alternative est non seulement possible, mais nécessaire.

Le Canada a été une sorte de laboratoire pour cette nouvelle espèce d’accords commerciaux. Il a été exposé aux effets dévastateurs de l'ALENA (NAFTA), qui a causé la perte de 650 000 emplois au Canada seulement, et fait maintenant partie d'un nouvel accord global (AECG) actuellement à la dernière étape de négociation avec l'UE. Larry pense qu'un meilleur nom pour eux serait «constitutions d’entreprises » parce que ces traités ont très peu à voir avec le commerce et beaucoup de choses à voir avec l'octroi de droits aux entreprises au détriment du droit des gouvernements à réglementer.

Le mécanisme de règlement des différends investisseurs-État (ISDS: Investor-State Dispute Settlement) qui est largement pressenti pour être inclus dans l'AECG (bien que nous ne pouvons pas être sûrs parce que le texte est encore secret) permet aux entreprises étrangères de poursuivre les États dans des tribunaux supranationaux pour la perte de revenus, lorsque la réglementation d’un pays pourrait avoir un impact négatif sur l'entreprise privée. Le droit des gouvernements de légiférer pour protéger l'environnement, d'étendre les services ou à re-municipaliser les services publics est donc gravement menacé. Il y a même eu le cas d'une société canadienne qui s’est implantée aux États-Unis afin de contester le gouvernement québécois par le biais de l'ALENA et ce, malgré le fait que ce dispositif est techniquement disponible pour les sociétés américaines uniquement. Mais l’ISDS n'est pas le seul problème avec l'AECG, ni d'ailleurs avec l'accord transatlantique du commerce (le tristement célèbre TTIP) en cours de négociation.

Si nous parvenons à exclure l'ISDS de l'AECG cela restera quand même une mauvaise affaire, mais 25% moins mauvais. Le problème est l'effet de cliquet: le niveau de libéralisation inclus dans ces offres ne va que dans un sens. Le dernier traité est le point de départ pour les négociations de la prochaine. Donc, si vous êtes inquiet au sujet de TTIP, vous devriez être inquiet de ce qui est dans l'AECG, parce que tout dans l'AECG sera certainement inclus dans TTIP.

Regardez une courte vidéo de Larry Brown sur YouTube

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LES «CINQ SECRETS LES MIEUX GARDÉS DE LA RÉALITÉ ÉCONOMIQUE » - Discussion avec David Hall

Mercredi, Mai 21, 2014

Cet après-midi, nous avons eu la chance d’avoir une conversation avec David Hall de l'Unité de recherche de l’Internationale des Services Publics (PSIRU) et l’auteur d'un brillant rapport basé sur des données probantes lancé ce mardi au congrès. Pour nous donner quelques informations sur ce document incontournable, il nous a expliqué ce qu'il appelle les «cinq secrets les mieux gardés de la réalité économique ».


  1. Le premier est peut-être le seul qui a acquis une certaine notoriété publique au cours des dernières années : l'austérité ne conduit pas à la croissance, mais plutôt le contraire. Toutes les preuves montrent que l'austérité ne mène qu'à la contraction de l'économie. Ici, nous commençons à gagner l'argument: même le FMI a publié une recherche qui montre que l'austérité ne fonctionne pas.

  2. Moins connu, celui-ci concerne ce qu'on appelle la loi de Wagner (aucun rapport avec le compositeur) qui indique qu'au cours des 140 dernières années toute croissance économique est accompagnée d'une augmentation des dépenses publiques au-dessus du niveau de la croissance du PIB. Ceci car les dépenses publiques sont essentielles pour subvenir aux besoins du secteur privé. Pensez infrastructure, une main-d'œuvre en bonne santé et instruite, et une plus grande demande des consommateurs.

  3. Certainement le secret le plus surprenant. Des études répétées, généralement menées par des gens qui s'attendent à trouver le contraire, montrent invariablement que le secteur privé n'est pas plus rentable que le public (et souvent plus coûteux). Le secteur public est beaucoup plus efficace et obtient de meilleurs résultats comme le démontre la section sur les soins de santé dans le rapport.

  4. La plupart des gens pourraient s'attendre à ce que les dépenses pour la sécurité sociale contribuent à une société plus égalitaire, en redistribuant les richesses du haut vers le bas. Ce qui est peut-être plus surprenant, c'est que le financement des services publics (en particulier le logement, la santé et l'éducation) est encore plus efficace dans la réduction des inégalités. La raison en est double: ces services permettent de réduire l’écart dans la qualité de vie entre les plus riches et les plus pauvres, et l'emploi dans le secteur public étant mieux payer ceci permet de stimuler les dépenses de consommation parmi les moins bien payés.

  5. Jusqu'ici tout va bien. « Mais nous ne pouvons pas nous le permettre! » entendez-vous pleurer, « Vous peignez un tableau idyllique, mais d'où vient l'argent? » La réponse vient d'une source improbable: le FMI. Celui-ci estime qu'il est possible d’augmenter l’impôt sur les bénéfices des entreprises, sur les fortunes et les propriétés à hauteur de 11% du PIB. Imaginez ce que 11 % du PIB de l'Europe pourrait faire pour nos services publics !

David a expliqué que sur la base de ces cinq «secrets», il est évident que les arguments en faveur de l'austérité sont erronés. Pourtant, ceux qui les avancent, un puissant groupe de gouvernements de droite et de grandes entreprises, semblent vouloir le faire, quelle qu’en soient les conséquences.

Nous avons terminé cette conversation fascinante en demandant à David s'il pensait qu’avec des livres comme «The Spirit Level » et la croissance insatiable de Piketty-mania (voir Thomas Piketty, auteur), si nous commencions à gagner l'argument pour les services publics. "En termes de débat intellectuel", at-il dit, " il est déjà gagné. J'ai remarqué que l'OCDE a mis en place un groupe de haut niveau sur l'égalité, qui comprend Piketty, Stiglitz et Krugman. Ainsi, ces arguments commencent à avoir un impact à un niveau très élevé. Les syndicats ont un rôle énorme a joué dans la promotion de cette évolution de la pensée économique et de la lutte pour une économie qui fonctionne pour tous les citoyen-ne-s et renforce les services publics."

Vous pouvez télécharger le rapport complet 'Pourquoi nous avons besoins de dépenses publiques' en français, ou même en anglais.

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Le Congrès 2014 de la FSESP commence !

Mardi, Mai 20, 2014

Lorsqu'ils arrivent au Centre de Congrès à Toulouse, les délégués sont accueillis en music et spectables de rue.

Nous sommes à 30 minutes de la cérémonie d'ouverture et du début du Congrès 2014 de la FSESP.

Vous pouvez suivre les événements et accéder à des informations sur les thèmes discutés en rapport avec le travail de la FSESP sur ce blog, ou en nous suivant sur Twitter @EPSUnions et sur Facebook, cliquez ici ou cherchez  "European Public Service Unions".

Vous pouvez aussi rester au courant des commentaires sur le hastag #EPSUCongress et utilisez les commentaires sur le blog.


De courts articles au sujet des activités de la FSESP et de ses publications sont aussi disponibles sur le Pre-Congress Blog.

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Réunion-Débat "La Crise économique et financière : quel type de politique économique"

Mardi, Mai 20, 2014

Cette page est disponible pour discussions et débats autour du thème "La crise économique et financière: quel type de politique économique ?" mercredi 21 mai.

 

Utilisez les commentaires pour partager votre opinion, le hastag #epsucongress sur Twitter, ou rejoignez-nous sur Facebook.

 

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